Sortie
Hier, je suis retourné à Paris. J'y suis allé en transports en commun. J'avais mis un masque, j'avais du gel dans la poche. Mais je n'avais jamais vraiment marché avec un masque, ni couru pour attrapper mon train, j'étais en nage et je ne pouvais pas enlever mon masque dans la rame pour reprendre haleine. En fait, il faut hyperventiler, respirer par la bouche ! Je n'avais pas encore eu l'occasion d'expérimenter cela.
Arrivé à Paris, je me suis retrouvé dans un lieu nouveau, que je connais par coeur. Beaucoup de gens, beaucoup dans tous les sens, avec des masques pour la plupart. Dans un premier temps, je ne suis pas descendu dans le métro, je me suis promené. J'ai pris mon chemin habituel. C'était agréable, avec une sensation de danger, ça piccotait un peu.
Il y avait des quartiers très peuplés, d'autres quasi désertiques. Ce qui m'a surpris, ce sont les embouteillages, très peu présents, les terrases de café, pas toutes ouvertes, certains encore complètement fermés. Et les entreprises, dont les halls étaient aussi fermés. Je ne m'attendais pas à cela, je pensais que Paris s'était remis en marche, pleinement, mais ce n'est pas encore le cas. L'agitation habituelle n'y est pas, c'est encore un faux-semblant, pas seulement par l'absence des touristes. Mon pub préféré aussi était fermé. Je suis passé devant le Louvre, sans file d'attente, vide comme un Jour de l'an.
Avant de rentrer par le métro, j'ai pris un coca en terrasse, c'était très sympa et nécessaire ! Au retour, j'ai directement mis tous mes vêtements à laver.
Prise de contact
Hier, c'était le premier rendez-vous de mon père avec sa cancérologue.
Nous nous sommes retrouvés à l'hôpital, séparément. Sur le trajet, nul policier pour m'empêcher d'arriver. Un peu de voitures dans les rues et même plutôt pas mal de bagnoles, voire beaucoup sur les axes rapides. On était loin de l'ambiance 15 août du début du confinement ! Arrivé à l'hôpital, je me renseigne auprès d'une guichetière. Les service frais de séjour et Admission sont fermés : personne pour le public à la facturation, la carte sécu, etc ... Enfin, au bon étage, une secrétaire nous indique où nous asseoir et patienter. Évidemment, on est arrivés très en avance ! Il n'y a personne d'autre dans la salle d'attente, qui est un couloir où passe une personne toutes les cinq minutes. À l'heure du rendez-vous, il ne se passe rien. Les secrétaires ont tiré le rideau depuis bien longtemps et nous sommes totalement seuls, bavarder pour tuer le temps. Une dame qui en est à son troisième passage nous demande enfin qui nous attendons. Elle vérifie que le médecin n'est pas dans son bureau et va la chercher du côté de l'hospitalisation. La voilà, trottinant, s'excusant de son retard.
Elle a un nom à consonance italienne et sa voix le confirme. Elle est agréable, sérieuse, professionnelle et entame une relation de soin avec mon père. Je la regarde opérer ce premier acte qu'elle réussit. Ça vient de commencer !
L'Italie, mais quand y retournerons-nous ? Quand de nouveau à Rome, en Toscane ? Ces temps-ci, je regarde exprès des films italiens, en italien, ou qui se passent en Italie. J'achète des produits typés Italie. Pour le voyage, la nostalgie et l'espoir. Nos vies et celles de nos voisins italiens recommenceront et nous retourneront à Venise, à Pise, Sienne, Florence.
La Toscane, c'est le premier voyage que nous avons fait avec Chérie, c'était là-bas que je voulais vivre ça avec elle. Avec tout cet imaginaire que j'y ai associé. Pas que de l'imaginaire désormais, aussi des moments vécus. Rome, je pourrais m'y promener dans le centre historique, comme je me balade à Paris, depuis toujours, avec ou sans raison, avec la seule boussole de se laisser porter, déambuler, aux mêmes endroits ou en quête d'inédit.
J'ai rédigé une synthèse de ce rendez-vous, des informations recueillies, envoyée à la famille. Le traitement commencera bientôt et ce sera inédit.