Sortie
Hier, je suis retourné à Paris. J'y suis allé en transports en commun. J'avais mis un masque, j'avais du gel dans la poche. Mais je n'avais jamais vraiment marché avec un masque, ni couru pour attrapper mon train, j'étais en nage et je ne pouvais pas enlever mon masque dans la rame pour reprendre haleine. En fait, il faut hyperventiler, respirer par la bouche ! Je n'avais pas encore eu l'occasion d'expérimenter cela.
Arrivé à Paris, je me suis retrouvé dans un lieu nouveau, que je connais par coeur. Beaucoup de gens, beaucoup dans tous les sens, avec des masques pour la plupart. Dans un premier temps, je ne suis pas descendu dans le métro, je me suis promené. J'ai pris mon chemin habituel. C'était agréable, avec une sensation de danger, ça piccotait un peu.
Il y avait des quartiers très peuplés, d'autres quasi désertiques. Ce qui m'a surpris, ce sont les embouteillages, très peu présents, les terrases de café, pas toutes ouvertes, certains encore complètement fermés. Et les entreprises, dont les halls étaient aussi fermés. Je ne m'attendais pas à cela, je pensais que Paris s'était remis en marche, pleinement, mais ce n'est pas encore le cas. L'agitation habituelle n'y est pas, c'est encore un faux-semblant, pas seulement par l'absence des touristes. Mon pub préféré aussi était fermé. Je suis passé devant le Louvre, sans file d'attente, vide comme un Jour de l'an.
Avant de rentrer par le métro, j'ai pris un coca en terrasse, c'était très sympa et nécessaire ! Au retour, j'ai directement mis tous mes vêtements à laver.
Silence
Hier, je me suis mis sur mon balcon, pour profiter du printemps. Il faisait beau, ciel bleu, manches courtes, pas de vent. Je voulais aussi profiter du calme, celui qu'en ville nous avons redécouvert. Celui qui n'existait qu'un peu, par moments, le dimanche après-midi et autour du 15 août. Le silence des voitures, c'est nouveau, c'est la bonne nouvelle de ce confinement. C'est ce qui ne reviendra pas de si tôt ! C'est un silence qui a un prix, un coût très important, paraît-il ! En ville, c'est tellement rare, que c'en est devenu hors de prix. Ce n'est pas le même silence qu'à la campagne, ou à la montagne. C'est le son de l'absence du bruit des moteurs, des bagnoles. Et tous les moteurs ne se valent pas, certains poussent le bouchon beaucoup trop loin ! Le silence, c'est ce qui n'existe quasiment plus dans notre monde, c'est le bruit du mouvement, des déplacements, c'est ce qui rend les balcons peu intéressants en ville dense. C'est qui nous est revenu et qui disparaîtra de nouveau. Faut-il vraiment partir en forêt ou sortir des villes pour le retrouver ? Un peu comme la lumière des étoiles, de la voie lactée. Ce silence était aussi accompagné du vide, personne ne marchait dans les rues, tout était au ralenti, c'est la suspension, elle se termine prochainement et c'était pas si mal.
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Silence, regard
Hier, rien de particulier. Le télé-travail, les appels téléphoniques qui s’enchaînent, les réunions par Skype que je ne mets qu'en audio. Pas besoin de montrer ma tête ni de voir celle des autres. Le son, c'est bien suffisant ! Parfois, un interlocuteur téléphonique demande si je suis toujours là. Je l'écoute probablement trop silencieusement et il se demande si je ne fais pas autre chose que de l'écouter. De ne pas se voir, l'effet de présence peut s'estomper et certains le ressentent comme solitude. D'autres, qui partent dans un monologue, se laissent porter par leur récit et oublient qu'ils s'adressent à quelqu'un. Uniquement concentrés dans leur parole.
Hier, je regardais ma femme. Je la trouvais belle. Elle me retourne mon regard et me demande ce qu'il y a, ce que veut dire mon regard ? Je lui réponds que je ne faisais que la regarder, mais n'en dit pas plus. Je préfère qu'on me parle ! Ce regard silencieux ne lui convenait pas. Je le sais bien qu’elle aime la parole, même si elle dit que ce n'est qu'une préférence. Je connais son appétit de parole. Qu'on lui parle et qu'on l'écoute quand elle parle. Après deux mois confinés, je trouve que ces doses de paroles échangées sont devenues bien faibles. C'est un sentiment.
Des fois c'est compliqué, de se parler au quotidien, cette obligation à se parler. Me reviennent des reproches de silence, qui font planer un "tu n'es pas avec moi", qui parle plus de l'émetteur que du récepteur.
L'été dernier, nous avons traversé deux fois la Suisse, vers l'Italie puis retour, par le Col du Grand Saint Bernard. Je me souviens de ce trajet qui était très agréable, loin de la chaleur et de la sécheresse. Un pays étranger similaire au notre, avec des petites différences que nous cherchions à voir et nous en faisions la remarque. De Chamonix au Lac Majeur, la route était un peu montagneuse : ni le Tunnel ni les autoroutes, pour profiter du paysage, déguster ce sentiment de la balade, de la promenade, en voiture. Détendus et concentrés sur ce qui se passait. Avec la playlist de musique de variétés qui va bien avec ! Il n'y a que les abricots que nous n'avons pas essayé. Quand j'y repense, je me promets à chaque fois de m'arrêter la prochaine fois pour les goûter, ils avaient l'air succulent, vu de la voiture ! Nous étions présents à ce qui se passait.