Le Jour d'Hier

Quelques lignes

Silence

May 07, 2020 — LjdH

Hier, je me suis mis sur mon balcon, pour profiter du printemps. Il faisait beau, ciel bleu, manches courtes, pas de vent. Je voulais aussi profiter du calme, celui qu'en ville nous avons redécouvert. Celui qui n'existait qu'un peu, par moments, le dimanche après-midi et autour du 15 août. Le silence des voitures, c'est nouveau, c'est la bonne nouvelle de ce confinement. C'est ce qui ne reviendra pas de si tôt ! C'est un silence qui a un prix, un coût très important, paraît-il ! En ville, c'est tellement rare, que c'en est devenu hors de prix. Ce n'est pas le même silence qu'à la campagne, ou à la montagne. C'est le son de l'absence du bruit des moteurs, des bagnoles. Et tous les moteurs ne se valent pas, certains poussent le bouchon beaucoup trop loin ! Le silence, c'est ce qui n'existe quasiment plus dans notre monde, c'est le bruit du mouvement, des déplacements, c'est ce qui rend les balcons peu intéressants en ville dense. C'est qui nous est revenu et qui disparaîtra de nouveau. Faut-il vraiment partir en forêt ou sortir des villes pour le retrouver ? Un peu comme la lumière des étoiles, de la voie lactée. Ce silence était aussi accompagné du vide, personne ne marchait dans les rues, tout était au ralenti, c'est la suspension, elle se termine prochainement et c'était pas si mal.

Tags: silence, balcon, confinement, bruit

Promenade

April 29, 2020 — LjdH

Hier, je me suis promené. J'avais un appel téléphonique qui requérait un peu d'intimité. J'ai rédigé mon Attestation Dérogatoire de Déplacement pour une heure de promenade. Une fois l'appel fini, je suis resté dehors. Je ne suis pas directement rentré comme je faisais jusque là. J'ai profité de ce petit moment pour marcher et regarder, contempler la vie dehors que je n'ai plus fréquentée ces dernières semaines, qui m'était familière et à laquelle je ne devais plus vraiment faire attention. C'était un moment nouveau, une suspension dans le confinement. J'en ai profité pour revenir dans les rues que j'apprécie, avec des jolies maisons, des arbustes, des jasmins, des roses. Et puis, j'ai cherché s'il y avait dans les pharmacies des masques, du gel, etc ... Mon garagiste habituel était fermé, sûrement trop de monde dans l'atelier. Certains garages, qui fonctionnent avec peu de personnel, sont ouverts ces temps-ci. J'aurais pu prendre rendez-vous pour la révision, toutes ces choses qui ne vont pas tarder à revenir dans nos vies et que nous avons confinées dans nos agendas : à plus tard ! Hier, le monde après le 11 mai a commencé à se discuter, à s'imaginer. Jusque là, nous étions suspendu, pas même dans l'attente que ce moment n'arrive. Il arriverait, mais sans savoir quand ce serait.

Hier, je n'ai pas fait de rencontre avec des voisins, des amis. J'ai repéré la fleuriste qui s'est remise à ses bouquets dans sa boutique, porte ouverte mais barrée d'une table où elle travaille ses fleurs et par dessus laquelle elle discute avec les clients. À cette heure-là, ils n'étaient pas nombreux !

C'était un peu comme au retour de longues vacances, où le familier est teinté de nouveauté, d'inconnu. On redécouvre ce qu'on connaissait parfaitement et qui se retrouve exactement à sa place. On avait juste oublié qu'il existait. Le revoilà, pile au bon endroit, il existe indépendamment de nous. Il revient à la même place. Hier, il y avait de ça, mais avec la privation des sorties et la joie d'y retourner. Ce n'était pas déjà de la liberté, mais ses prémisses. Une suite va exister, elle est à imaginer, à écrire, pas juste à reprendre. Ce n'était pas une pause.

Tags: promenade, familier, nouveauté, sortie, confinement