Le Jour d'Hier

Quelques lignes

Conte d'enfance pour adulte

June 10, 2020 — LjdH

Hier, il y avait Le Seigneur des anneaux à la télé. Après Harry Potter et Voldemort, Sauron et les Hobbits ! C’est quand même incroyable ces blockbusters. Il y en a eu une grosse quantité ces vingt dernières années. Ces films-là, je les connais, je les ai vus, le problème c’est que j’aime encore les revoir. L’histoire, je la connais, les rebondissements ne me font plus réagir et pourtant, comme un enfant qui veut encore le même conte, j’apprécie de les revoir. C’est une aventure que je refais avec les héros. Toujours la même aventure, c’est ça le secret. Toujours la même, la répéter pour le plaisir de la répéter, de la refaire. C’est ça aussi qui est distrayant : refaire le chemin, boucler une nouvelle fois. Est-ce un mouvement contre la nouveauté ? La fin ne peut-elle s’inscrire définitivement ? Refaire la boucle pour le plaisir de répéter, de vaincre encore une fois le méchant et de vivre avec le héros tous les pièges qu’il doit résoudre. La distraction de la répétition ! Non seulement, ces films doivent avoir un scénario qui accroche, mais il doit aussi accrocher au re-visionnage ! Il doit inclure l’envie de la répétition. Pour hier soir, le scénario était de JRR Tolkien, ça laisse de la marge, les scénaristes avaient une bonne base pour commencer !

Je me rappelle qu’à l’époque, j’avais ressorti mes exemplaires papier et les avait relus, encore avec plaisir ! C’était à l’adolescence que je les avais lus pour la première fois, l’époque de Dungeon and Dragons ! Les livres aussi, je les relisais. Quand Harry Potter a été publié, comme beaucoup, j’ai lu ces aventures. Quand les films sont sortis, je suis allé les voir. Les histoires de héros victorieux sont agréables à revoir, on ne peut s’en lasser ?

Tags: héros, conte, répétition, aventure

Enchaînements

May 24, 2020 — LjdH

Comment tout ça a commencé ?

On ne sait plus. Il faudrait revenir au tout début. Faudra-t-il y revenir ? Encore ? Refaire le film, tout reprendre depuis le début ? On n'en peut plus de se refaire l'enchaînement, tout le monde sait ce qu'il s'est passé, les choix des uns et des autres, les erreurs, les incertitudes, les paris. Ceux qu'on a voulu suivre, alors qu'il ne le fallait pas, les bons gourous, les mauvais leaders. À quoi bon, encore une fois, tout refaire ? Il y a aussi tout ce qui a été caché.

On a pu découvrir qu'il y avait de nombreuses manières de cacher. On peut cacher, en recouvrant par une vérité, ou un autre mensonge. On peut cacher, en mettant sous le tapis. On peut cacher en renvoyant à plus tard, en ne répondant pas, ou à moitié. En parlant d'autre chose, en faisant une diversion, en n'entendant pas l'interpellation.

Cette période nous a montré presque toutes les techniques possibles. Ce n'est pas exactement qu'ils ont été très inventifs, ils n'ont rien créé, ils ont su ressortir les vieilles techniques qui avaient été oubliées, remisées d'une autre période, d'un autre siècle. C'est l'intérêt des littéraires, de ceux qui ont fait des études classiques, ce qu'on appelait faire ses humanités. Ils ont su très rapidement utiliser à la perfection ce qu'ils ne connaissaient que théoriquement, qu'ils n'avaient jamais pratiqués, eux les jeunes gens du Nouveau Monde.

Alors, faudra-t-il refaire l'enchaînement, chercher des responsables ? Répondre, ça ne les dérange pas, on l'aura compris. Répondre de leurs actes, ça leur est familier. Répondre des conséquences sur les autres de leurs actes ? On a vu qu'ils savaient s'excuser. Sepuku, c'est pour les autres. Faudra-t-il trouver des accusateurs, suffisamment tenaces ? Les premiers à se montrer n'avaient que des arrières pensées à leur propre profit. Alors qui fera le job ? Châtier, c'est ça qu'il faudrait ? Parce que c'est juste, parce que c'est ce qu'ils méritent ou ce qu'il faut faire comme conséquence de leurs inconséquences ? Pour s'améliorer ?

Mais quel job, à quoi ça sert ? Pour que ça ne recommence plus ? Celle-là, on nous l'a déjà faite, on n'en veut plus. Tout ne cesse de se répéter d'une manière plus ou moins nouvelle, déjà datée. D'ailleurs, ce ne sont probablement pas les choses qui se répètent, mais notre manière de les appréhender, qui reste tributaire d'un cadre, d'habitudes. La réalité est une construction qui est fonction d'une structure de référence. À quoi bon ? On n'en peut plus !

On pourrait penser contre soi, mais ce n'est pas ça la nouveauté. Quelles sont les nouveautés qu'un humain éduqué peut appréhender. On voudrait penser en dehors de ce qu'on a appris ? Mais les artistes eux-mêmes créent très peu et jamais ex-nihilo, ils reprennent, modifient légèrement et au bout de très longtemps de leurs petites modifications, de leurs mélanges et nouveaux alliages, ils arrivent à quelque chose qui semble nouveau.

Combien de Picasso ? Combien de langages nouveaux ? La nature elle-même crée de la nouveauté, mais très lentement, c'est à dire très vite pour qui a l'éternité devant soi.

Tags: mensonge, nouveauté, création, répétition