Albertine est morte
Hier, j'ai repris la lecture de la Recherche. Il ne me reste plus que le dernier tôme, dans la Pléiade. C'est une aventure que j'ai commencée il y a un peu moins de dix ans. C'est une lecture exigeante, il ne faut pas se laisser submerger par le texte, le style, les phrases, l'histoire, l'écoulement du temps propre au récit, jamais linéaire. J'ai avancé par périodes propices, où je pouvais m'immerger, vivre dans les pensées de Marcel. J'ai voulu profiter du confinement pour reprendre et finir. Puis le télé-travail est devenu exigeant.
Hier,
Avec ses femmes perdues, il s'essaye à la perte de la femme aimée. Avec Albertine, c'est la perte mortelle et non la rupture. Quoique la rupture a précédé la mort. Mais justement, Albertine lui revenait. Avant de mourir, elle lui écrit qu'elle l'aime de nouveau et qu'elle veut revenir vivre avec lui, elle lui pardonne. Mais le billet postal arrive après le télégramme dévastateur de la tante. Qu'elle meure d'un accident, soit. Mais qu'on n'apprenne pas qu'elle voulait revenir. J'ai été très en colère de ce mauvais tour de l'auteur ! Maintenant, il va nous falloir faire avec cette absence, pleine d'amour et les regrets de son départ ! La captive s'était échappée. Affreux ! Hier, l'immersion fut difficile, douloureuse, à l'unison du narrateur. Merci, Marcel, pour ce voyage.
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