Dîner
Hier, un dîner entre amis. Le premier dîner post-confinement, le premier du dé-confinement. Je ne me suis décidé à y aller qu'une demi-heure avant. Je ne voulais pas y penser, je ne le sentais toujours pas ce truc. L'arrivée se passe bien, mais ça ne tient pas très longtemps. L'apéro commence et les masques ne tiennent plus, sinon comment on fait pour boire ? Et pour le saucisson ? Les distances se tiennent encore, on est dans le jardin. J'ai prévu une veste pour la fraîcheur de la soirée. Puis, on passe à table, mais l'alcool aidant, on oublie le mètre de sécurité. Le repas est très bon, on oublie encore plus et on se remet à se socialiser comme avant. Agréable.
C'était un dîner sympa, j'étais content de les revoir, d'interagir en vrai, pas par écran interposé. Mais au moment de se séparer, certains reprennent les consignes, lavage des mains avec un peu de gel et retour des masques, prêts pour sortir dehors. Et je reste silencieux, je ne comprends pas. C'est la rue, déserte la nuit, qui est dangereuse ? Cette alternance de procédure, je ne la comprends pas. Moi, j'aimerais bien que ce soit moins à géométrie variable, une règle valable pour tous les moments, l'équivoque me pert. Il semble que ce soit plus compliqué que ce que je voudrais ... Le monde est toujours plus compliqué que ce qu'on voudrait, c'est pour ça qu'on le regarde au travers d'un cadre, d'une fenêtre.
Tags: dîner, masques, dedans-dehors
Déconfinement masqué
Hier, c'était le veille du déconfinement. Je ne le sens pas ce truc, j'en ai parlé en famille, pour partager, pour qu'ils se fassent leur avis et pour qu'ils sachent mon état d'esprit. Je ne le sens pas parce que je n'arrive pas à faire confiance aux autres pour être précautionneux. En fait, en l'écrivant, je m'aperçois que c'est une habitude chez moi, de trouver que les autres ne sont pas toujours très précautionneux. En général, ça m'amène à ne pas prêter mes affaires à ceux qui cassent les leurs ou qui les perdent et il y en a un paquet ! Mais là, ce ne sont pas des objets, pas des gadgets. Il est question de vie, de mort, de faire attention à soi, ou plutôt de faire attention aux autres et je trouve que certains autres ne savent pas vraiment faire cela.
Faut-il espérer qu'il y aura un apprentissage de masse ? Bref, je suis grave flippé. Ce déconfinement qui a débuté cette nuit, commence par un affaissement, une petite dépression ! C'est balo, pour une fête, pour une joie. Peut-être que ça n'en était pas une, pour moi.
Donc, j'ai fait des réserves de masques lavables, ces derniers jours. Maintenant, je sais pourquoi !
Tags: précautions, masques, déconfinement
Le Monde
Hier, j'ai passé la matinée à lire Le Monde. Toute la semaine, je m'étais tenu à distance des news. Saturation. Même Salomon ne venait plus le soir, pour laisser notre attention disponible aux annonces du PM. Ces annonces ont été faites, comprises, intégrées, leur nouvelle logique a remplacé la précédente, j'ai enfin pu reprendre ma lecture quotidienne du Monde. En général, je lis la sélection de la Matinale. Toute la semaine, j'avais quand même lu la série d'articles de Davet et Lhomme. Sur les masques, leur enquête est complète. À la fin, je souhaitais qu'une enquête similaire soit faite sur les tests, ceux qui continueront à manquer. L'incurie des moyens hospitaliers, sanitaires avait déjà été bien expliquée. Il reste le scandale des tests, des laboratoires, des machines. Peu a été écrit sur ce truc probablement très technique, mais tissé de logiques, de discours. Finalement, le Pouvoir a eu son Benala cette année encore !
Dans Le Monde, il est écrit que les forêts seront ouvertes demain !
Aujourd'hui, j'ai passé l'après-midi avec Chris (Marker) et son envie de militantisme syndical, d'organisation ouvrière. Il y a eu de belles réussites, mais ce qu'il me reste c'est le refus du Maître, du Patron de laisser sa place, son pouvoir à qui que ce soit. Ils ne lâcheront rien et l'expliquent parfaitement : il n'y a pas d'autre manière de faire que la leur : ils ne s'intéresseront à rien qui ne vienne pas d'eux. Il n'y a pas d'alternative à eux-mêmes et tous se solidariseront pour faire échouer ceux qui se veulent leur alternative. J'ai une connaissance qui a nommé mon attitude : défaitisme révolutionnaire ! Hier, il y avait un beau passage sur les chats, qui ne sont jamais du côté du pouvoir, du maître, qui se réservent toujours la possibilité de le griffer, d'en faire sa marionnette ! Encore mieux que le clown qui met le doute sur les certitudes de notre monde. Le Chat, c'est la figure que Marker s'était choisi pour le représenter, à partir du moment où il ne voulait plus se montrer à l'image.
Tags: test, masques, scandales, pouvoir, alternative