Le Jour d'Hier

Quelques lignes

Premier mai

May 02, 2020 — LjdH

Hier, premier mai confiné. Premier premier mai sans manifestation, sans rassemblement, sans défilé. Bien sûr, il y avait des slogans, des rassemblements digitaux, des revendications, de la révolte. Mais personne cette année ne s'est demandé combien nous étions, qui était venu, s'il avait plu, fait beau ou beaucoup trop chaud pour la saison ! Ni si on avait trouvé de bonnes merguez. Personne n'a discuté les slogans, n'a pris de photos des banderoles, des vidéos des danses, des animations artistiques, des marionnettes géantes, des publicités recouvertes par les anti-pub, toute la créativité des militants. Ni d'incidents ou échauffourées entre Black Blocs et policiers. Ni la préparation des premiers sous l'oeil des seconds sur le pont d'Austerlitz, comme il y a deux ans, pour se plaindre après qu'ils aient cassés des vitrines, etc ...

Hier, premier mai, mais pas de Benalla nouveau ! Pas de castagne révélée par Le Monde, pas d'autre scandale d'état que celui qui court depuis le 21 janvier.

Hier, je n'ai pas manifesté, je n'ai rien fait, je suis resté chez moi, j'ai fêté une bonne fête aux travailleurs. Un retraité m'a fait remarquer que j'avais oublié les travailleuses. Il avait raison, mais je souhaitais surtout qu'on quitte la fête du muguet qui commençait à m'agacer !

Je me souviens d'autres premiers mai. Ceux sous Sarkozy où le cortège a commencé à être sérieusement encadré par les Forces de l'Ordre qui bloquaient les rues annexes au cortège. Après les massacres islamistes, les attentats parisiens, de nouveaux prétextes pour l'annulation parisienne de cette fête internationale. Et encore la peur que les Gilets Jaunes ne s'en mêlent et ne fassent encore tout péter un peu plus. La peur du pouvoir depuis 15 ans est extraordinaire. Et je lis aujourd'hui que l'insatisfaction du peuple français n'a pas molli, alors que Merkel qui devait céder sa place reste adorée par les allemands. De quoi faut-il s'étonner ? Des chamailleries, qu'il a dit, l'autre ?

Et puis, il y a Milou, en mai qui conte 68 vu de la campagne qui n'en entend que les échos et les fantasmes de chacun. Et aussi Le joli mai de Chris Marker, tourné en 1962, le mois de mai après la guerre d'Algérie. Ce que les français racontent, enfin soulagés de cette guerre, fratricide, ce qu'ils espèrent, ce qu'ils désirent quand l'avenir s'ouvre de nouveau. Un film fait d'optimisme, d'envie de vivre. Aurons-nous cette joie, dans quelques semaines, quelques mois ?

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