Footing
Hier, j'ai fait un beau footing !
J'ai repris la course à pied un peu au début du confinement.
La dernière année, je m'étais un peu trop laissé aller sur la nourriture. Vraiment trop. Et surtout en ne regardant pas mon poids. J'avais bien vu que dans mes jeans, ça serrait un peu. Et que mes collègues rigolaient en me regardant rigoler. Ils rigolaient de mon bide qui bougeait à l’unisson de mon rire.
Au début du confinement, mes gars ont eu envie de manger des trucs bons. Alors, on est passé en mode Do-It-Yourself, pour à peu près tout ! Et ils ont préparé des trucs vraiment bons ! Alors, ça mangeait ! Trop. Un jour, ça m'a pris, je me suis pesé. Que s'est-il passé pour que je fasse ce que j'avais scrupuleusement évité toute ces dernières années ? Le chiffre qui s'est affiché était inédit pour moi ! Un choc que je m'étais évité jusque là.
Je me suis remis à courir pour me motiver. Au bout d'un mois, je me mets enfin à courir avec plaisir, sur une heure et pas vite, certes, mais quand même une heure ! Ça sent la patate ramollie, avec ses rhizomes. Mais vraiment courir, en appréciant cela.
Et j'ai aimé cela, courir longtemps, sans trop d'effort, sans fatigue insupportable. Il y a bien longtemps, je faisais cela pendant deux, trois heures tous les week-ends. C'était vraiment un gros kiffe. Là, J'en suis très loin. Mais la machine s'est remise en route et déjà le plaisir est revenu.
Hier, le plaisir de la course était là. Si ça se poursuit, il me faudra longtemps pour retrouver l'autre plaisir, celui du second souffle qui arrive après l'échauffement d'une heure. Celui qui vient après une heure et qui dit qu'on peut encore pendant assez longtemps. Et après, il y a l'autre, celui de la course en étant fatigué. La fatigue réelle, qui n'empêche pas l'effort, qui l'accompagne, qui ne l'arrête pas.
J'ai lu deux fois le livre de Haruki Murakami, Autoportrait de l'auteur en coureur de fond. La seconde fois, je pensais que c'était parce qu'à la première je n'avais pas été assez attentif. En fait, il y avait quelques années entre les deux et je ne savais plus ce qu'il y avait d'écrit. Je me souviens que je n'ai trouvé cela intéressant que pour un autre coureur. Lire Les phases d’entraînement d'un autre n'a d'intérêt que pour celui qui réfléchit à son propre entraînement. Ce n'est pas écrit avec suffisamment de suspense pour aller au delà de ce cercle. Murakami en convient lui-même.
En fait, il passe à côté de l'essentiel, l'explication sur sa motivation à courir, à se dépasser, progresser et d'avoir mal. C'est un livre inabouti. C'est un autoportrait, fait tout seul. Il tourne avec ses questions de coureurs. Le livre de Jean Échenoz sur Zatopec, Courir est plus abouti ! Il faudrait que je le reprenne ?
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